Et si l’ail était la solution ?

Bulbs of Garlic

 

La sagesse et le bon sens populaire savent depuis toujours que les millions de microbes, virus et autres bactéries qui nous entourent ne représentent pas un grand danger pour notre santé si nos défenses immunitaires sont capables de les mettre au pas. Encore faut-il que notre système de défense ait les munitions nécessaires pour les combattre.

 

L’origine de l’ail se perd dans la nuit des temps. On pense qu’il serait  apparu en Asie  centrale  il y a plus de  5 000 ans. Au cours des millénaires, les hommes en ont fait une culture en Chine, au Japon et en Inde. L’histoire rapporte que le pharaon Kheops, grand bâtisseur des pyramides, en faisait distribuer des rations journalières à ses milliers d’ouvriers. Les étonnantes vertus de l’ail seraient ainsi étroitement liées aux trésors de l’histoire.

Quelles sont les vertus de l’ail ?

Il contient une huile volatile dont le principe actif est l’allicine. Ce disulfure possède un pouvoir bactéricide puissant. Mais c’est avant tout sa concentration en huiles essentielles, en glucides, en vitamines, en sels minéraux et en oligo-éléments qui en fait un produit incontournable pour notre santé. Mis en évidence plus récemment, un autre composant de l’ail, la germanium, se révèle efficace dans la résistance du corps aux virus puisqu’il permet aux cellules agressées de fixer plus d’oxygène. Stéphanie Berg et Jean-Jacques Descamps ont publié récemment un ouvrage sur la fatigue et les moyens efficaces pour la combattre, intitulé ” Dé-fatiguez- moi ” aux éditions Phytosanté. Ils vous proposent une interview autour de l’ail.

Une affirmation qui a traversé les siècles nous rapporte que l’ail est le secret d’une bonne santé, mais que cette certitude se laisse pourtant rapidement oublier par ses consommateurs dès qu’ils souffrent des effets secondaires liés à une consommation importante.
C’est effectivement la raison principale qui fait que l’ail n’est pas utilisé à sa juste valeur. C’est d’autant plus dommage qu’il existe un moyen de bénéficier de toutes ses propriétés sans en avoir les effets secondaires bien connus et tant redoutés.

Passionnant ! Comment faut-il procéder ?
Vous prenez une gousse d’ail, vous l’épluchez, vous la partagez. Vous enlevez le germe et vous l’avalez sans le mâcher (très important) l’équivalent d’un quart de gousse et ceci deux fois par semaine, c’est largement suffisant pour bénéficier de toutes ses propriétés. Vous pouvez également avaler des gélules, pour autant qu’elles présentent toutes les garanties de production.

On dit que l’ail serait très utile contre certaines formes de cancer.
Attention, terrain glissant ! Ne donnons pas de faux espoir à ceux qui souffrent et qui pourraient être tentés d’abandonner les thérapies officielles qui ont fait leurs preuves.

Pourtant nous avons mentionné dans notre ouvrage des résultats d’études très encourageants menées en Chine, aux USA et au Japon.
Absolument. Et nous ne saurions trop recommander aux personnes concernées d’en prendre connaissance et surtout d’en parler à leur médecin traitant. Il faut quand même relever que des études ont démontré que dans les régions où l’on cultive l’ail, la mortalité par cancer était plus faible que dans d’autres régions.

Est-il exact que l’ail est déconseillé pour les personnes ayant une pression artérielle trop basse ?
Non, c’est faux. Si l’ail fait baisser la tension chez les hypertendus, il ne la fera pas baisser chez celles et ceux qui ont une pression normale voire basse.

Est-ce qu’il est indiqué pour les personnes prenant des anticoagulants ?
Absolument. L’ail a entre autres la propriété de fluidifier le sang. Il sera indiqué à toutes celles et ceux qui doivent faire un voyage en avion et qui présentent des risques de thrombose. Un morceau d’ail ou une gélule tous les matins, huit jours avant le départ. Encore une fois, ne pas oublier d’en parler à son médecin traitant.

Qu’est ce qu’il en est des femmes qui allaitent ?
Pas de contre-indication. Mais il n’est pas sûr que le lait soit au goût du nourrisson !

Quelle est votre position concernant la fameuse théorie du ” French Paradoxe ” ?
Alors que l’hygiène de vie alimentaire des Gascons fait le désespoir de toutes les diététiciennes et diététiciens diplômés, de nombreuses études ont démontré que les maladies cardio-vasculaires étaient quatre fois moins importantes dans le Sud-ouest qu’aux USA.

Est-ce qu’il y a une explication ?
L’ail. Encore l’ail. Toujours l’ail.

Un peu facile, comme explication. Vous n’auriez pas des arguments un peu plus convaincants qui démontreraient que l’ail a un effet réel sur l’excès de cholestérol ?
Bien sûr ! il y a quelques années un producteur de foie gras a eu l’idée géniale de rajouter de la poudre d’ail à l’alimentation de ses canards. Le but de cette opération était de voir s’il pouvait diminuer l’utilisation des antibiotiques destinés à prévenir ou guérir les maladies infectieuses qui peuvent toucher même les élevages soumis aux règles d’hygiène les plus strictes.

Qu’est ce qui s’est passé ?
Pour ce qui est de la prévention des infections, le but a été totalement atteint. Par contre, quelle ne fut pas la surprise du producteur lorsqu’il récupéra tous les foies à un poids deux fois inférieur à ce qu’ils auraient dû être. L’ail avait neutralisé le surplus des graisses apportées par les aliments que les canards avaient avalés.

Vous recommandez également systématiquement à toutes celles et ceux qui doivent faire un séjour en milieu hospitalier de prendre un morceau d’ail ou une gélule tous les jours, une semaine avant l’hospitalisation. Une raison rationnelle ?
Les maladies dites nosocomiales (ces infections que l’on contracte pendant un séjour à l’hôpital) provoquent chaque année des centaines de morts et l’on compte par milliers les journées d’hospitalisation qui pourraient être diminuées dans des proportions considérables par cette simple prévention.

Les vertus de l’ail s’arrêtent là ?
De loin pas. Par sa teneur en soufre, il se montre aussi particulièrement efficace et utile pour les problèmes respiratoires. En cas de toux chronique, notamment, il va permettre de réduire la fabrication de mucosités parfois très difficiles à expectorer.

Et encore… ?
Pour les personnes qui souffrent d’inflammation musculaire et artérielle. Il y a quelque temps, grâce à une étude réalisée au sein d’une équipe de football, on s’est aperçu que l’ail avait permis aux joueurs de réduire de moitié l’utilisation d’anti-inflammatoires sur toute la saison.

Il ne faut pas oublier les propriétés toniques, voire aphrodisiaques de l’ail. Cette constatation n’est pas nouvelle, puisque déjà affirmés à l’école de Salerne.

Une première conclusion ?
Un homme averti en vaut deux, et ne pas consommer d’ail quand on sait tout ce que l’on sait, cela devient de la non-assistance à personne en danger.

Par Jean-Jacques Descamps et Stéphanie Berg sur fleurancenature.fr